Les derniers passagers
qui s'apprêtent à embarquer à bord de France ne porteront pas cette fois-ci de smoking. Mais si leurs yeux brillent comme à
une soirée de gala ce n'est pas par les éclats des diamants des belles mais pas des chalumeaux avides et
charognards.
Triste fin pour France qui vient de s'échouer, le nez dans la vase face aux chantiers d'Alang. Bien sûr
il ne s'agit que de 70.000 tonnes d'acier, mais France transportait quelque chose de plus. Quelque chose d'indescriptible,
un supplément d'âme qui faisait de ce navire une partie de nous-même. Même si depuis 26 ans il ne portait plus le nom de
France, chaque Français conservait un sentiment partagé par de la fierté mais également par de la honte. Fierté de ces lignes
majestueuses, fierté de l'une des plus belles réalisations maritimes mais aussi honte de ces périodes d'insouciances, honte
de cet abandon et du sabordage de notre pavillon français.
Aujourd'hui, la France tournera à nouveau le dos pour ne
pas voir le travail des équarisseurs.
Alors Messieurs les ouvriers, s'il vous plait, faites vites, l'agonie n'aura
été que trop longue. Faites votre métier en rendant le coup de grâce le plus rapidement possible.
Et au nom de
tous les amoureux des navires, des paquebots et de la croisière, partirencroisiere.fr rend un dernier hommage à celui
qui nous a fait tant rêver.
Adieu France.
Jean-François
GOURDON
|