Aujourd’hui nous étions de véritables periejets en visitant le site d’Olympie.
À l’époque antique, les periejets étaient des touristes, se rendant sur les plus
beaux sites grecs. Ils constituèrent les débuts d’une nouvelle ère, celle du tourisme. Et aujourd’hui le phénomène ne cesse
de s’amplifier. À Katakolon, un petit port sans grand intérêt, si ce n’est celui d’être le plus proche du site d’Olympie (20
minutes en bus), ce ne sont pas moins de quatre paquebots qui étaient au mouillage ou accostés : Costa Atlantica, Golden
Princess, Asturia et MSC Musica. Ainsi près de 10.000 touristes, portant chacun les couleurs de sa compagnie, envahirent
Olympie.
Zeus qui avait battu Cronos et Apollon qui en avait fait de même avec Arès au pugilat n’en revenaient pas
eux-mêmes. Mais il demeure sur le site une trêve sacrée. Durant les jeux Olympiques antiques, Iphitos d’Elis, Licurgue de
Sparte et Cléostène de Pise respectaient la paix pour assurer le bon déroulement des jeux. Et aujourd’hui le site impose
toujours la sérénité. À l’ombre d’arbres séculaires, la foule disparaît petit à petit. Puis chacun imagine dans la cour
carrée du Palastre ces hommes, enduits d’huiles, les muscles bandés, s’entraînant à la fraîcheur du soir. Un peu plus loin
dans le grand stade, ce sont les athlètes qui s’élancent, puis avant de quitter le sanctuaire de Zeus, on s’imagine encore
ces femmes entretenir, au cœur du Prytaneion, la flamme Olympique (c’est toujours à cet
endroit aujourd’hui, que la flamme des jeux d’hiver et d’été est ravivée).
Ce soir à bord, la soirée de gala,
plongera également les passagers dans l’imaginaire ou la nostalgie des grands liners d’autrefois. Pour Giuseppe Agasta,
assistant Maître D’Hôtel, les soirées de commandants font partie de son ordinaire. Ce sicilien de Catane (en vignette sur la gauche) officie sur les paquebots depuis 33 ans ! Une vie à parcourir
les mers et à dialoguer avec les passagers. Giuseppe maîtrise parfaitement 7 langues (Italien, Français, Anglais, Espagnol, Italien, Portugais, Allemand et Suédois). « Depuis 1973, les conditions de travail se sont considérablement améliorées et les navires aussi. Les cuisines sont
bien plus vastes et bien plus fonctionnelles » constate Giuseppe. Depuis 1 an, il travaille pour MSC et déjà il évoque
les prochains navires en construction à Saint-Nazaire. Comme tous les marins, il regarde loin devant, sur la ligne
d’horizon.
MSC Musica vient de passer maintenant l’extrémité méridionale du Péloponnèse. Il fait route au 168°,
direction Izmir en Turquie. L’ancienne Smyrne se réveillera demain, en même temps que les passagers encore les étoiles et les
paillettes plein les yeux.
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